Parcours
Rouge : 1120 kms en voiture - Bleu : 300 kms à pieds
11 septembre 2022
Jeudi 11 août
"Bartang is the new Ghana" pourrait être le résumé de cette nuit. Hier soir, j'étais motivé à l'idée d'aller tenter une dernière expédition avant de quitter le Pamir : aller un peu au nord à Rushan et de là remonter la vallée du Bartang (non pas jusqu'au bout et les 300 kilomètres qui l'amènent pas loin de Karakul mais jusqu'à Jizev et les lacs au-dessus). Mais rares sont les voitures qui vont là-bas et quand bien même j'en trouverais une pour y aller, c'est pas gagné pour le sens inverse, ce qui pourrait compromettre mon retour à Dushanbe pour prendre mon vol retour en France dans la nuit de dimanche à lundi. Donc comme à la fin de 5 mois en Afrique où j'avais dû laisser tomber l'hypothèse excitante de visiter le Ghana, je la joue prudent en remettant à une autre fois le Bartang. Et raisonnablement, mon réflexe plus ou moins assumé d' "optimiser" ne tient pas compte de mon état physique, tout de même bien entamé par ces semaines éreintantes. Changement de plan, ce sera donc journée vélo. En voyage, j'aime bien varier les modes de transport et si je n'ai jamais osé partir à bicyclette sur un temps long, j'adore l'emprunter pour un, deux ou trois jours, ça permet d'ouvrir des perspectives différentes de la marche à pied ou de la voiture. Comme par exemple grimper les quelques kilomètres au-dessus de Khorog pour faire le tour du jardin botanique, première destination de la matinée. C'est assez amusant : il doit s'agir d'un héritage soviétique (à l'image des musées ou des opéras, dont toute grande ville devait disposer pour tenir son rang) sur lequel la municipalité ou le pays n'ose pas revenir de peur d'assumer un recul : vu les écritures qui s'effacent sur les pannonceaux, j'espère qu'il reste un botaniste au Tadjikistan pour assurer la pérennité de ce lieu endormi mais agréable. Et au passage, vive l'application Plantnet pour me rappeler la distinction entre saule et peuplier ou entre souci et oeillet. Je me dis également une ça serait bien que j'aille faire un tour au jardin botanique de Bordeaux à cinq minutes de chez moi au lieu de faire 6500 kms pour ce faire !
Déception devant les portes fermées de l'université d'Asie centrale, complexe moderne géré par la Fondation Aga Khan qui fait la fierté des Ismaeliens et le bonheur des étudiants du Pamir.
Je me console en achetant un jeans à la boutique de seconde main conseillée par Zubaida la femme du gérant de l'auberge : je n'ai qu'un seul pantalon, c'est celui de randonnée que je porte depuis un mois. Certes, je l'ai mis avec tous mes vêtements dans la machine de l'auberge hier (j'raconte pas l'odeur, de toute manière ce serait indescriptible) mais il est déchiré d'un peu partout, je ne me voyais pas prendre l'avion avec (d'ailleurs je me demandais si on pouvait me refuser l'embarquement pour tenue inappropriée). Je retourne déjeuner des mantous au marché puis un autre plat traditionnel au Silk road café. Après la sieste, je renfourche le vélo pour filer au nord de la ville voir le pont avec l'Afghanistan : désormais fermé, tout comme l'ancien marché transfrontalier, il est orné d'un drapeau blanc taliban côté sud, ça fait bizarre à voir ...
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