Parcours
Rouge : 1120 kms en voiture - Bleu : 300 kms à pieds
11 septembre 2022
Lundi 1er août
Nuit encore une fois moyenne, mais un énorme petit déjeuner m'attend. Je sais que je pars pour un trek de 2-3 jours sans village, je redoute le vent et le cours d'eau, qui alimente le lac, à traverser, alors je traîne et je profite du café, des pancakes, de la confiture, du courant et d'un filet de connexion internet. 200 TJS, c'est pas donné le homestay par rapport aux autres hébergements, mais c'est vrai qu'il était très bien et de toute façon je pense que je n'arriverai pas à dépenser tout ce que j'ai retiré donc autant me faire plaisir.
Je finis par décoller vers 11h. Le gros vent latéral et la perspective de devoir traverser un courant à gué sont démotivant mais comme c'est plat, j'avance d'un bon pas pendant trois heures sans voir personne, simplement les sternes au bord des lacs qui décollent à mon approche. Le paysage est très ouvert, à la fois sur des collines que sur des hauts sommets enneigés. Le bleu du lac est parfait pour la carte postale. Je replonge dans mes pensées, qui se portent aujourd'hui sur la notion de tiers lieu. Arrivé au gué, petite appréhension : difficile de juger de la profondeur et il y a un peu de courant. Pas le choix : pieds nus, en caleçon, mon sac sur la tête, j'ai gardé un bâton pour sonder le terrain. Plus de peur que de mal : j'ai de l'eau jusqu'à la taille environ, je ne me fais pas trop dériver par le courant et le fond du cours d'eau n'est pas coupant. De l'autre côté, des traces d'un ancien caravansérail. Je me demande bien quelle ancienne route pouvait bien passer par là : et si Marco Polo, et si Gengis Kahn ... ?! Je poursuis mon chemin qui borde le lac, légèrement surélevé mais presque plat : ça fait bizarre une étape de plat au milieu de ces milliers de sommets. Je devine sur l'autre rive les sources chaudes de Yashikul. Ah, si je pouvais avoir un bain chaud naturel chaque soir de randonnée ... Vers 16h-16h30, le paysage s'ouvre et la rive s'élève, j'arrive à une vaste étendue d'herbe sèche, j'y découvre deux énormes cercles de pierres, qui ont l'air anciens, et dont j'ignore la signification. Alors que je m'approche du bord de la corniche donnant sur le lac et sur une grande étendue herbeuse remontant sur trois bons kilomètres le long d'un cours d'eau se jetant dans le lac, mon regard se pose, au bord de celui-ci, sur six chameaux. Hein ? Impossible ! Si si, j'ai beau retirer mes lunettes de soleil, porter mes yeux ailleurs puis y revenir, il y a bien 6 chameaux en train de brouter tranquilou au bord du lac. On n'est pas bien, là ?! À ce moment là, un yéti aurait dévalé la montagne en face, traversé le lac en dos crawlé pour venir m'entretenir de la constitution de la troisième République en bamabara que je n'aurais rien trouvé à y redire ... Au début j'ai cru que c'était un groupe de touristes avec un guide mais même pas : aucune selle et aucune trace humaine à l'horizon. Se pourrait-il qu'ils soient domestiqués et qu'ils viennent compléter les troupeaux de vaches et de yaks ? Tout de même, à ces hauteurs, ils doivent se peler les bosses ... Bref, je poursuis ma route, non sans regarder régulièrement sur ma gauche, et me revoilà à retirer à nouveau chaussures et pantalon pour traverser le petit torrent peu avant qu'il ne termine sa course dans le lac. Son embouchure est superbe et j'hésite même à y lover ma tente, mais il est encore un peu tôt. Par contre, je profite de l'endroit pour ramasser un peu de bois mort en prévision du feu de ce soir. La fin de journée est un peu galère : le sol n'est plus que cailloux, et devient par moments qu'un mince cheminement en dévers de la montagne. De plus, la tente penche sous l'effet du bois ramassé et pour couronner le tout, je casse la fermeture ventrale de mon sac à dos. Deux kilomètres plus loin, je profite d'une petite plage un peu large et à l'abri du vent pour achever les frais. Un bon feu, une (bonne ?) soupe, et à demain pour de nouvelles aventures
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