Parcours

Parcours
Rouge : 1120 kms en voiture - Bleu : 300 kms à pieds

11 septembre 2022

Mercredi 20 juillet

Nuit horrible. Chaud, froid, boucan infernal des brebis qui pètent et des chiens qui aboient sur les veaux qui meulent. Impossible de trouver une position confortable entre le mur en pierre et le fils du berger qui dort les bras en croix comme un bienheureux. Pour ne rien arranger, au moment où j'esquisse un somme, v'là t'y pas que je suis réveillé en panique par un premier tremblement de terre, suivi d'une réplique quelques secondes après. Léger, rapide, mais quand même. Autant j'avais identifié tout un tas de risques à ce voyage (le combattant isolé de l'État islamique, le test COVID positif à l'arrivée, la rupture de glacier, le téléphone qui tombe dans un torrent, la tourista aiguë, le flic mal luné au checkpoint, le trafiquant afghan ou le Ouïghour en cavale, ...), autant celui-ci je ne l'avais pas vu venir ! Heureusement, les murs en pierre sèche tiennent le coup. Je suis soulagé quand le jour se lève, un peu moins quand arrive le petit déjeuner : pain rassis trempé dans un mélange de thé tiède, de lait et de crème. Passons. Je prends congés de ma première famille d'accueil Pamirie pour engager une montée tranquille jusqu'au pied de la grande ascension. Mais ereinté par la chaleur et l'altitude qui commence à produire ses effets (j'ai dépassé les 3.500 mètres), tel un pantin désarticulé, je renonce à m'engager dans une grimpette qui doit me mener à 4.750m. Je sais que si je m'y engage, non seulement je ne pourrai pas m'arrêter en chemin (ça grimpe sec et ce n'est que de la caillasse) mais il faudra de surcroît que je redescende dans la vallée opposée, suffisamment pour trouver un site propice pour poser ma "palodka" (tente). Il est 12h30 et c'est la fin de la journée de trek. Je me dis que je vais en profiter pour bouquiner et écrire mais je n'ai même plus l'énergie pour celà. Impossible de bouquiner. Un mal de crâne caractéristique du mal des montagnes commence à apparaître. Je m'allonge pour faire une sieste mais les taons m'en empêchent. Je monte la tente pour me protéger mais le soleil est à son zenith et il fait rapidement plus de 40 à l'intérieur. Retour sur l'herbe. Tentative de protection contre le soleil et les insectes grâce à un voile. Je somnole jusqu'à ce que le soleil passe derrière la montagne. Première tentative de faire fonctionner le réchaud à bois, premier échec. Heureusement, il me reste un bout de saucisson et un bout de fromage : ce menu froid (mais français) fera l'affaire pour ce soir. Je me forcer à manger une semoule même pas tiède mélangée à un potage asiatique en poudre. C'est vraiment pas bon mais ça reste mangeable et surtout il faut se forcer à manger en montagne. Au pieu à 18h30 !

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