Parcours
Rouge : 1120 kms en voiture - Bleu : 300 kms à pieds
11 septembre 2022
Vendredi 5 août
Le contraste est violent entre la nuit fraîche et le soleil qui transforme en quelques minutes la tente de glacière en four. Je m'éloigne quelques minutes pour aller faire ma toilette, le troupeau de vaches en profite pour venir renifler ma tente, heureusement sans dégâts. Je retourne à la bergerie pour dire au revoir, un bon thé chaud m'attend 🤗 Quand je me mets en marche, les enfants mènent le troupeau de moutons derrière moi, me donnant l'amusante impression de conduire ce petit monde. Après une légère montée, l'essentiel de la randonnée du jour consiste à redescendre dans la prochaine vallée. Sur le plateau au bord d'un petit lac, je me pose un instant pour grignoter des raisins secs. Un volatile entre le canard et l'oie se met à faire des grands cercles autour de moi à basse altitude en poussant des cris réguliers. La scène durera jusqu'à ce que je parte. Quel message voulait-il faire passer ? Ce n'est pourtant pas la période de nidification, peu de risque de marcher sur un nid au sol. Mais cette impression d'être "de trop" dans cet environnement grandiose et sauvage (je ne croiserai une fois encore pas une seule personne de la journée), je l'ai ressentie à plusieurs reprises, à chaque fois que des oiseaux, des marmottes, des mouflons, des écureuils ou autres rongeurs détalent à ma vue. Même si je suis peu envahissant et ne laisse aucune trace derrière mon passage, je ne peux nier que je viens troubler ces animaux dans leur écosystème.
À peu près sûr de trouver de quoi recharger mon téléphone arrivé en bas, je plonge dans mes podcasts, de Sir Edmund Hillary à Miss Hawley, en passant par l'épopée de Marco Polo et, rien à voir, une histoire du naturisme. C'est sur un concert d'Eliades Ochoa que j'arrive en début d'après midi à Javshangoz, dont le centre battu par les vents me donne une impression de négligence. Le propriétaire du homestay a été un peu trop ambitieux : certes il y a deux belles pièces avec frises et luminaires pour loger les gens de passage, mais il manque de matelas aux lits, de régularité au sol et d'eau dans les WC. Pas rédhibitoire pour la sieste pour autant. Je me réveille en fin d'après-midi pour aller assister sur la place du village à un match de volley, sport visiblement très populaire dans le pays. Au fond au-dessus de la petite montagne qui fait face, on devine un bout du glacier du pic Engels : mesurant la grande traversée qui m'attend dans les prochains jours, je retourne dans ma chambre avaler une soupe de riz et me reposer, après avoir fait un brin de toilette au gant avec la seule eau chaude disponible : le thé !
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